Alexandre le Grand
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La grande encyclopédie de l'histoire du monde junior, tome 2, p.91, France Loisirs, Paris, France, 1994 |
Alexandre III ou Alexandre le Grand était le fils de Philippe II, roi de Macédoine, et d'Olympias, princesse d'Épire. Il est né en 356 av. J-C. à Pella, capitale de la Macédoine antique. Il fut l'élève d'Aristote, qui lui
donna une solide formation en rhétorique et en littérature, et stimula sa curiosité en sciences, en médecine et en philosophie.Philippe II avait déjà établi les bases de la grande puissance macédonienne. Lorsqu'il était arrivé au pouvoir en 359 av. J.-C., l'État limitrophe grec se trouvait dans une situation déplorable. Il menaçait d'imploser en raison des conflits entre les Thraces et les Illyriens. Philippe II avait évincé ses adversaires, éradiqué la menace de guerre civile et mis en place une armée macédonienne exceptionnellement puissante, qui fut un excellent point de départ pour les campagnes d'Alexandre.
En battant les Grecs en 338 av. J.-C., lors de la bataille de Chéronée, au cours de laquelle Alexandre, associé très jeune aux responsabilités du pouvoir, joua un rôle déterminant, Philippe II prépara le terrain pour son fils, qui devait devenir le souverain incontestable de la Macédoine et de toute la Grèce.
Philippe II fut assassiné en 336 av. J-C. et Alexandre monta sur le trône à 20 ans. Il élimina tous les conspirateurs qui s'opposaient à son avènement, marcha sur la Thessalie, où des partisans de l'indépendance avaient pris le pouvoir, et rétablit la souveraineté macédonienne. Dès la fin l'été 336 av. J-C., il avait rétabli sa position en Grèce et se fit nommer chef de la Confédération hellénique par le congrès de Corinthe.
Il réprima la révolte des villes grecques en soumettant Athènes. Il soumit de manière étonnante les Illyriens, les Triballes, les Gètes et les Celtes. Il mena une brillante campagne contre les rebelles thraces sur les bords du Danube. À son retour en Macédoine, il écrasa la même semaine, près du lac de Prespa, les Illyriens et les Dardaniens qui avaient fait sécession, et se dirigea en hâte vers Thèbes, qui s'était révoltée. Il détruisit la cité, n'épargnant que les temples des dieux et la maison de Pindare, et réduisant en esclavage quelque 30 000 prisonniers.
Maître de la Grèce, il prépara la conquête de l'Asie en s'entourant de généraux compétents : Antigonos Monophtalmos, Antiparos, Eumène, Lysimaque, Perdiccas, Ptolémée, Séleucos.
Au printemps de 334 av. J-C., ayant laissé la régence à Antiparos, il traversa l'Hellespont avec une armée de 35 000 hommes, macédoniens et grecs. Il débarqua en Troade et entama sa campagne contre les Perses au cours de laquelle il conquit, outre les villes ioniennes de Milet, Mytilène et Halicarnasse, la Carie et la Cilicie.
Son armée battit les troupes de Darios III sur les rives du Granique et, selon la tradition, perdit seulement 110 hommes; après cette bataille, toute l'Asie lui fit soumission. Durant sa marche en Phrygie, il fit une halte à Gordion où il trancha d'un coup d'épée le nœud gordien, acte qui lui promettait l'empire de l'Asie.
Poursuivant son avance vers le Sud, il rencontra à nouveau les troupes de Darios III à Issos, en 333 av. J-C. Selon la tradition, l'armée de Darios comptait 500 000 hommes, mais on y voit aujourd'hui une exagération fantasque. La bataille d'Issos s'acheva sur une victoire éclatante d'Alexandre. Coupé de ses bases, Darios III s'échappa vers le nord, laissant sa mère, sa femme et ses enfants aux mains d'Alexandre, qui les traita avec le respect dû aux rois. Il occupa la Syrie et la Phénicie.
Découverte de l'art, "L'art grec un idéal de beauté", p.209, Editorial Planeta Barcelone/Handforth Londres, 1985 |
Tyr, un port de mer fortement fortifié, offrit une résistance obstinée, mais Alexandre prit la ville d'assaut en 332 après un siège de sept mois.
Après la prise de Gaza, il pénétra en Égypte où il fut accueilli en libérateur. À la suite de ces succès, il s'assura le contrôle de l'ensemble du littoral oriental de la Méditerranée. Plus tard en 332, il fonda, à l'embouchure du Nil, la ville d'Alexandrie, qui devint le centre littéraire, scientifique et commercial du monde hellénique.
Cyrène, la capitale de l'antique royaume nord-africain de Cyrénaïque, se soumit à Alexandre en 331, ce qui étendit ses possessions jusqu'à l'empire de Carthage. Au cours du printemps de 331 av. J.-C., Alexandre effectua un pèlerinage au grand temple et à l'oracle d'Amon-Rê, le dieu égyptien du soleil, que les Grecs identifiaient à Zeus. Les premiers pharaons d'Égypte passaient pour être des fils d'Amon, aussi, Alexandre, le nouveau souverain d'Égypte, voulait que le dieu le reconnaisse pour son fils.
Se dirigeant à nouveau vers le nord, il rassembla ses forces à Tyr et marcha sur Babylone avec une armée de 40 000 fantassins et 7 000 cavaliers. Traversant l'Euphrate et le Tigre, il rencontra Darios III à la tête d'une armée perse qui, selon un décompte exagéré, comptait un million d'hommes. Alexandre infligea une cinglante défaite aux Perses lors de la bataille de Gaugamèles, près d'Arbèles, le 1er octobre 331 av. J.-C. Darios III s'enfuit comme il l'avait fait à Issos et fut plus tard tué par deux de ses généraux. Babylone se rendit après Gaugamèles, et la cité de Suse, ainsi que ses immenses trésors, fut conquise peu après.
Au milieu de l'hiver, Alexandre força le chemin vers Persépolis, la capitale perse. Après avoir pillé les trésors royaux et ravi d'autres butins, il incendia la cité pour complaire à sa maîtresse Thaïs et venger la destruction d'Athènes par les Perses et acheva ainsi la destruction du royaume perse. Il conquit Pasargades, Ecbatane, et prit le titre de roi d'Asie. Ses possessions s'étendaient dès lors le long et au-delà du littoral méridional de la mer Caspienne, y compris l'Afghanistan et le Baluchistan actuels, et au nord en Bactriane et en Sogdiane, le Turkestan russe actuel. Il n'avait fallu à Alexandre que trois ans, du printemps 330 av. J.-C. au printemps 327 av. J.-C., pour s'emparer de cette vaste contrée.
Après la mort de Darios III, l'armée macédonienne progressa jusqu'en Bactriane, occupa l'Hyrcanie, la Sogdiane orientale et il y fonda des colonies militaires qui prirent toutes le nom d'Alexandrie. Devenu maître de tout l'empire perse, il se dirigea vers l'Inde, franchit l'Indus en 326 av. J-C., remporta une victoire dans les montagnes du Swat en Inde et soumit le royaume de Pôros en gagnant la bataille de l'Hydaspes.
Il envahit le Panjab jusqu'à l'Hyphase (aujourd'hui Beas); mais, parvenus à cet endroit, les Macédoniens, épuisés, se révoltèrent et refusèrent d'aller plus loin. Il construisit alors une flotte et descendit l'Hydaspes jusqu'à l'Indus, atteignant son delta en septembre 325 av. J.-C. La flotte gagna ensuite le golfe Persique.
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La grande encyclopédie de l'histoire du monde junior tome 2, p.91, France Loisirs, Paris, France, 1994 |
Avec son armée, Alexandre traversa le désert jusqu'à Suse, qu'il atteignit en 324 av. J.-C. Le manque de nourriture et d'eau durant cette marche causa de lourdes pertes et les troupes étaient épuisées. Alexandre passa près d'un an à organiser ses possessions et à achever une étude du golfe Persique en préparation à de futures conquêtes. Au printemps de 323 av. J-C. Il arriva à Babylone qu'il avait choisie pour capitale, tandis qu'il chargeait Néarque d'une expédition maritime dans le golfe Persique. Alexandre tenta de continuer à Babylone sa politique de fusion raciale. Il chercha à imposer son hégémonie et tenta de fondre Macédoniens et Perses en un seul. Il leur accorda les mêmes droits et les Perses furent intégrés dans l'armée. Il réorganisa son empire et mit en place une monnaie unique. Le grec devint la langue internationale.
Époux de Roxane depuis 333 av. J-C., il prit pour seconde femme Satira, fille aînée de Darios III, en 324 av. J-C. Ayant contracté une fièvre, il mourut à 33 ans, le 13 juin 323 av. J.-C., alors qu'il projetait de conquérir la péninsule arabique, la Libye et Carthage. Sa mère Olympias, ses femmes Roxane (v. 311 av. J.-C.) et Satira, (v. 323 av. J.-C.) et son fils Alexandre IV périrent assassinés.
Alexandre, qui fut l'un des plus grands conquérants de l'histoire, était réputé pour être un brillant tacticien et un grand meneur d'hommes. Courageux et généreux, il pouvait se montrer cruel et brutal lorsque la politique l'exigeait. Selon de nombreux historiens, il caressait le projet d'unifier l'Orient et l'Occident dans un empire universel, et prit des dispositions pour que 30 000 jeunes perses apprennent la langue grecque et la tactique macédonienne puis les enrôla dans son armée.
Il adopta lui-même les mœurs perses et épousa des femmes orientales dont Roxane et Satira. Il encouragea et entraîna ses généraux à prendre des épouses perses. Peu avant sa mort, Alexandre ordonna aux cités grecques de le révérer comme un dieu. Pour unifier ses conquêtes, il fonda un grand nombre de cités, beaucoup du nom d'Alexandrie. Bien situées, correctement pavées et approvisionnées en eau potable, ces cités étaient autonomes mais sujettes aux édits du roi. Des vétérans grecs de son armée s'y établirent; des jeunes gens, des marchands et des savants y furent attirés; la culture grecque fut introduite et la langue grecque devint très répandue. Ainsi donc, Alexandre étendit très loin l'influence de la civilisation grecque et prépara la voie aux royaumes de la période hellénistique et aux conquêtes de l'Empire romain.
Son empire fut partagé entre ses généraux, les Diadoques, qui ne tardèrent pas à se faire la guerre, comme le firent leurs fils, les Épigones. Il conserva cependant une importance considérable durant les siècles qui suivirent. Les septante villes nouvellement crées pendant son règne répandirent la culture grecque en Méditerranée orientale et jusqu'à la Perse. Le culte du souverain, qu'il avait instauré, servira plus tard de modèle aux empereurs romains.
| sources : | texte : | Age of Empires, Microsoft Corporation, 1997 [CD-ROM] |
| La grande encyclopédie 2002, Micro Application, juillet 2001 [CD-ROM] | ||
| Encyclopédie Encarta De Luxe 2000, Microsoft Encarta, 1999 [CD-ROM] | ||
| Le petit Robert des noms propres, p.40-41, France, 1997 | ||
| images : | La grande encyclopédie de l'histoire du monde junior tome 2, France Loisirs, Paris, France, 1994 | |
Découverte de l'art, "L'art grec un idéal de beauté", Editorial Planeta Barcelone/Handforth Londres, 1985 |