Les Assyriens (1800 à 600 av. J.-C.)
Lord Byron commence son poème « La destruction de Sennacherib » par ces mots : « Les Assyriens attaquèrent, comme le loup dans la bergerie ».
Au faîte de leur puissance, les Assyriens faisaient en effet figure de loup égaré parmi les moutons, ce que ne sauraient démentir ni leur réputation, dont l'Ancien Testament se fait l'écho à plusieurs reprises, ni les multiples scènes de batailles retrouvées dans les ruines de leurs cités.
Un temps encerclés par des peuples ennemis, ils devinrent contre toute attente la plus grande force militaire de leur partie du monde. Leur barbarie et leur férocité légendaires relevaient d'une politique délibérée dont l'objectif était de soumettre les ennemis et réduire les risques de révolte parmi les vassaux.
Le pays
L'Assyrie était située dans le nord de la Mésopotamie ( l'Irak actuel ), sur les rives du Tigre.
Après Sumer, les Assyriens investirent le sud mais, au cours des premières phases de leur histoire, ils subirent la domination sumérienne tant au plan culturel qu'historique.
La capitale
L'Assyrie garda la même capitale, Ashur, pendant la majeure partie de son existence, mais il lui arriva de privilégier d'autres sites lorsque ses souverains y faisaient édifier de nouveaux palais. Entre autres villes d'importance, citons Ninive, Arbèles, Khorsabad, et Nimrud.
L'émergence d'un pouvoir
Aux alentours de 2000 av. J.-C., l'Assyrie fut envahie par des barbares du nom d'Amorites.
Vers 1800 av. J.-C., un roi assyrien d'origine amorite plaçait le nord de la Mésopotamie sous le contrôle de l'Assyrie. La domination assyrienne fut cependant de courte durée, bientôt éclipsée par l'ascension de Babylone sous le règne d'Hammourabi, tout d'abord, puis par celle du royaume du Mitanni dans la Syrie moderne.
Le Moyen Empire assyrien couvrit une période allant de 1363 à 1000 av. J.-C. Quelques rois surent s'imposer pour redonner à l'Assyrie une certaine indépendance et entreprirent après quoi d'empiéter sur les empires voisins.
L'Assyrie évita la destruction lors de la catastrophe de 1200 av. J.-C., probablement parce que, contrairement aux royaumes plus anciens, elle avait déjà modernisé ses armes et ses tactiques militaires.
La première période de gloire de l'Assyrie dura trois cents ans. Elle atteint son apogée sous le règne de Tiglatpiléser Ier, qui mène chaque année de sanglantes campagnes de conquête. En 1076 av. J.-C., il arrêtait sa progression vers l'ouest sur les rives de la Méditerranée.
Au 11e siècle av. J.-C., l'Assyrie et Babylone sont envahies par des tribus araméennes venues du nord de la Syrie. Cent ans plus tard, l'empire assyrien se reforme, atteignant au 7e siècle sa plus grande extension.
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Empire assyrien à son apogée ( 650 av. J-C )
La Grande encyclopédie de l'histoire du monde junior tome 1, p.48, France Loisirs, Paris, France, 1994 |
Son dernier grand roi, Assourbanipal, est un guerrier, mais aussi un protecteur des arts ; il constitue une très grande bibliothèque dans son palais de Ninive. Après sa mort, son empire
Le territoire était délimité au nord par les montagnes du Taurus de l'actuelle Turquie. Hormis les vestiges des royaumes disparus de Minos (Crète), Mycènes (Grèce) et des Hittites (Turquie), toutes les régions occidentales de cette zone inscrites dans la civilisation d'avant la catastrophe connurent la domination assyrienne.
L'économie
Les troupeaux et l'agriculture constituaient la base de l'économie assyrienne, mais l'empire sut également exploiter sa situation au carrefour des principales routes commerciales.
Pour autant, les Assyriens ne sont pas restés dans l'histoire au titre de commerçants, tout au plus au titre de percepteurs d'impôts auprès des marchands de passage.
Au cours de la période du Nouvel Empire, ils profitèrent des taxes et des divers tributs collectés dans leurs provinces et leurs états vassaux, y compris en Égypte pendant quelques années.
La religion et la culture
La religion assyrienne fut lourdement influencée par l'héritage religieux de la Mésopotamie, et en particulier de Sumer.
Primant sur les autres divinités du panthéon assyrien, Ashur, a donné son nom à la culture et à la capitale de ce peuple.
Le temple, la ziggourat, est un grand édifice de briques d'argile, très proche de ceux que l'on trouve dans le sud.
L'activité essentielle des plus riches, la chasse en char, ne déparait pas dans cette culture guerrière. En dépit de leur réputation redoutable, les Assyriens adoptèrent la civilisation.
Les hommes sont vêtus d'une sorte de robe et arborent la barbe. Les femmes portent une tunique à manches et enroulent un châle autour de leurs épaules.
Ils utilisaient une écriture cunéiforme et décoraient abondamment leurs cités de bas-reliefs, de fresques et de sculptures.
La politique
Le roi, qui présidait aux affaires en matière de gouvernement, était soutenu localement dans cette tâche par les gouverneurs des provinces.
Le palais constituait le principal site des activités politiques. Avant toute décision, les conseillers consultaient les augures.
Les provinces et les cités vassales étaient soumises à l'impôt et à divers tributs dont elles s'acquittaient en fournissant denrées alimentaires, biens matériels, or, corvées, ravitaillement militaire et soldats.
Un réseau étendu de routes et de dépôts de grain fut construit à l'époque du Nouvel Empire pour accélérer les communications et les mouvements de troupes vers les zones de troubles.
L'architecture
Les Assyriens construisent de belles cités, avec des palais et des temples.
L'architecture des Assyriens, caractérisée par un certain gigantisme et une grande prodigalité, utilisait essentiellement des briques d'argile, mais aussi la pierre, plus commune dans le sud.
Plusieurs souverains du Nouvel Empire firent édifier d'immenses palais qu'ils décorèrent avec les butins de guerre et les tributs des états vassaux. Ces palais étaient aussi agrémentés de bas-reliefs en pierre polychromes, de vastes jardins et de cours d'eau artificiels.
Le lamassu, créature hybride ailée, mi-taureau, mi-homme, constituait un élément décoratif assez répandu.
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Lamassu
La Grande encyclopédie de l'histoire du monde junior tome 1, p.49, France Loisirs, Paris, France, 1994 |
L'art militaire
Les premières armées assyriennes étaient formées de paysans armés de lances. Des réformes militaires successives conduisirent cependant, aux alentours de 800 av. J.-C., à la création d'une armée régulière de conscrits et de professionnels.
Celle-ci dominait la plupart de ses ennemis, sur le plan des armes autant que des armures et du ravitaillement, ce qui lui donnait un avantage certain.
Les armées du Nouvel Empire disposaient en outre à peu de frais du fer nécessaire pour forger des épées et des armures évoluées. Elles furent parmi les premières à adopter le concept d'armée intégrée.
Celle-ci s'organise autour d'un noyau d'infanterie d'assaut lui-même soutenu par des troupes dotées d'armes de jet légères et une aile mobile de chars et troupes montées à dos de chameaux et de chevaux.
Cette armée était en mesure de combattre en plaine, où les chars, talonnés par la cavalerie, jouaient un rôle crucial, mais aussi sur des terrains plus accidentés où les chevaux et les chars n'avaient que peu d'utilité.
Les Assyriens menaient régulièrement des campagnes vers le nord et l'est où les barbares menaçaient. Longtemps, les chars constituèrent l'élite de l'armée avant de tomber en désuétude et de laisser place à la cavalerie.
Les Assyriens étaient passés maîtres dans l'art de prendre les cités fortifiées. Leurs chroniques historiques font état de ces innombrables assauts et des brutalités qui s'ensuivaient. Il n'était pas rare que les cités insoumises soient complètement détruites. Les habitants étaient voués à la mort ou à l'esclavage dans une autre région de l'empire.
Le déclin et la chute
La brutalité de ces méthodes d'assujettissement et le montant exorbitant des tributs et des prélèvements exigés par les Assyriens rendirent le gouvernement de ces derniers impopulaire.
En dépit de la férocité des représailles, les états vassaux se révoltaient dès que l'opportunité s'en présentait. Des rois plus faibles se montrèrent incapables de maintenir l'unité de l'empire face aux pressions extérieures et intérieures.
Son dernier grand roi, Assourbanipal, est un guerrier, mais aussi un protecteur des arts ; il constitue une très grande bibliothèque dans son palais de Ninive. Après sa mort, son empire décline rapidement.
En 612 av. J.-C., la capitale, sise à Ninive, tomba aux mains des Mèdes alliés aux Babyloniens.
Les Babyloniens s'étaient révoltés après le saccage de leur cité, en 648 av. J.-C. , les Mèdes, quant à eux, venus de l'ouest de l'Iran actuel, entendaient faire payer aux Assyriens les invasions de leurs terres dans le passé.
La dernière armée assyrienne fut vaincue peu après par la même coalition et la culture des Assyriens disparut de la surface du monde.
L'héritage
Les Assyriens sont passés à la postérité grâce aux fanfaronnades des inscriptions et aux références que la Bible fait à ces guerriers féroces. Il n'est pas certifié cependant que leur brutalité ait été anormale pour l'époque.
Quoiqu'il en soit, ils représentèrent, des siècles durant, la plus grande puissance militaire du monde civilisé. Leurs armées furent novatrices et il semble qu'ils furent les premiers à employer efficacement des corps de cavalerie conséquents.
Il ne fait aucun doute qu'ils ont influencé en cela les armées perses qui leur ont succédé. Ils n'ont pas laissé de grandes traces en revanche dans le domaine des techniques, de la philosophie, des arts ou de la science.
Pendant des milliers d'années, leurs cités n'ont pas dépassé le stade d'amas de pierres et elles étaient loin de receler les trésors fabuleux de l'Égypte et de la Grèce.
sources : texte : La Grande encyclopédie de l'histoire du monde junior tome 1, p.49, France Loisirs, Paris, France, 1994
Age of Empires, Microsoft Corporation, 1997 [CD-ROM]
images : La Grande encyclopédie de l'histoire du monde junior tome 1, p.49, France Loisirs, Paris, France, 1994