Achéloos

 

Mythologie, "Les divinités naturelles", Éditions Atlas

   Dieu-fleuve, Achéloos était le fils d'Océan et de Téthys, qui donnèrent naissance à plus de 3 000 fleuves. Chacun d'eux possédait un esprit, une âme qui lui était propre, mais Achéloos leur imposait facilement sa suprématie. C'était en effet un fleuve autoritaire, qui n'avait pas hésiter à métamorphoser en îlots rocheux quatre Nymphes, les Échinades, qui avaient oublié de l'invoquer. Il se distinguait également par un pouvoir peu commun, celui de purifier les criminels. Ainsi, Alcméon, après avoir tué Ériphyle, sa propre mère, se lava de sa faute dans ses eaux.

    Achéloos a engendré Callirhoé, qu'il donnera comme épouse à Alcméon, mais certains auteurs lui prêtent également la paternité de Castalie, la Nymphe poursuivie par Apollon qui se jeta dans la source de Delphes. Il se serait uni avec Melpomène ou avec Terpsichore et engendra les Sirènes Parthénopée, Leucosia et Ligia. 

    Son tracé oblige Achéloos à se frayer un chemin à travers des gorges encaissées. Ainsi, le fleuve présente tout à tour un cours serein ou tumultueux. La mythologie grecque a utilisé ces caractéristiques pour faire d'Achéloos un fleuve polymorphe. Traditionnellement, il est figuré sous les traits d'un homme aux cheveux gris, une teinte qui peut rappeler celle de l'écume des flots. Son visage est paré d'une barbe, attribut classique pour les dieux-fleuves, qui sont souvent représentés comme des hommes âgés. Cependant Achéloos, le plus puissant des fleuves de la Grèce, s'impose à travers d'autres images, plus surprenantes encore.

Atlas de la mythologie, "Achéloos", Éditions Atlas, UE, 2003

    Achéloos se glisse en effet parfois dans la peau d'un serpent, mais l'image que l'on retient de lui est celle présentée dans les Métamorphoses par le poète Ovide : celle d'un homme dont la tête est ornée de cornes de taureau. Achéloos est alors vêtu d'un habit vert, probable évocation de la couleur de ses eaux. Certaines variantes en font un homme à tête de taureau, un taureau au torse d'homme, ou d'un simple taureau.

Atlas de la mythologie, "Achéloos", Éditions Atlas, UE, 2003

    Un légende oppose Achéloos à Héraclès : Après avoir accompli ses douze travaux, le héros s'était épris de Déjanire. Mais la jeune femme était déjà promise, à son grand désespoir, à Achéloos. Le dieu-fleuve tenta de raisonner le héros, arguant que son cœur battait pour Déjanire bien avant que "l'homme fort de Grèce" ne fasse sa connaissance. Ce dialogue ne fit qu'exacerber la colère d'Héraclès, obligeant les deux opposants à un corps à corps. Achéloos se changea d'abord en serpent énorme, puis chargea son ennemi sous la forme d'un taureau. Terrassé par le héros, le dieu-fleuve perdit une corne lors de ce combat. 

 

Interprétations

    L'Achéloos est le fleuve le plus long de Grèce. Il prend sa source dans la chaîne du Pinde, région montagneuse du nord-ouest du pays. Au terme d'un périple de plus de 200 km, il se jette dans la mer Ionienne après avoir un temps délimité la frontière entre l'Étolie et l'Arcanie.

    L'amour d'Achéloos pour Déjanire pourrait symboliser la crue annuelle du fleuve, lequel se rend maître d'un territoire qui ne lui appartient pas. Le serpent figure les sinuosités du lit de l'Achéloos, tandis que le taureau mugit comme les eaux du fleuve grondent en franchissant ses gorges étroites.

    Les cornes de l'animal, quant à elles, peuvent camper les bras du fleuve qui se forment lors de la crue... La victoire d'Héraclès évoquerait alors la construction de digues et de canaux sur le cours du fleuve, aménagements qui empêchent l'émergence de ces bras, ce qui correspondrait à l'arrachement de sa corne. La crue ainsi maîtrisée permettant aux terres avoisinantes de gagner en fertilité, les textes ont présenté la corne arrachée d'Achéloos comme la fameuse "corne d'abondance"...

 

 

 

 

 

sources : texte : Dictionnaire illustré des mythologies, p.3, Éditions de Lodi, France, 1997.
    Atlas de la mythologie, "Achéloos", Éditions Atlas, UE, 2003
    Le petit Robert des noms propres, p.9, France, 1997
  image : Atlas de la mythologie, "les divinités naturelles", Éditions Atlas, UE, 2003
    Atlas de la mythologie, "Achéloos", Éditions Atlas, UE, 2003