Amphitrite

Atlas de la mythologie, " Amphitrite", Éditions Atlas, UE, 2005

 

Fille de : Nérée et Doris

Époux : Poséidon

Attribut : trident

Déesse des Mers

 

 

    Amphitrite était une des cinquante Néréides, filles de Nérée et de sa femme Doris. Jeune fille à la silhouette délicate et d'une nature enjouée, elle passait une jeunesse radieuse dans le palais d'or de son père au fond de l'océan. Entouré de ses charmantes filles qui faisaient régner une ambiance joyeuse dans cette grotte des profondeurs, Nérée n'était pas peu fier d'accueillir les visiteurs.

    Les Néréides aimaient à tisser, filer, danser et chanter, bien loin de tous les tracas qui secouaient l'Olympe et le monde des hommes. Ensemble, elle jouaient encore dans les vagues, où les poètes croyaient entrevoir leur chevelure qui ondulait. Elles nageaient et s'ébattait parmi les dauphins et les tritons qu'elles chevauchaient aussi parfois. Amphitrite maîtrisait donc les éléments et les animaux. Elle détenait ainsi un mystérieux et redoutable pouvoir. Pourtant, de nature généreuse, elle s'efforçait, ainsi que ses sœurs, de protéger les marins. 

    Elle aimait à batifoler sur la plage de l'île égéenne de Naxos avec ses sœurs. Les filles de Nérée semblaient dérober leurs charmes aux yeux des mortels et autres divinités, qui ne les surprenaient qu'à de rares occasions, lorsqu'elles émergeaient des flots ou quand la marée basse découvrait leur palais sous-marin. On pouvait alors les voir escorter le char d'Amphitrite, gaiement tiré par les Tritons, dont le corps, recouvert d'écailles, se terminait par deux énormes queues de poisson. Cette curieuse association mettait en valeur la beauté des Néréides, qui troublaient la quiétude des eaux de leurs rires cristallins.

    Ce fut à la faveur de ces joyeuses réjouissances, alors qu'elle se promenait sur la plage, que Poséidon remarqua Amphitrite, dont le charme ne le laissa pas insensible. Il faut dire que la jeune fille dansait avec une grâce infinie, digne d'une déesse marine. Aussi Poséidon ne pouvait-il résister à l'attrait qu'exerçait sur lui cette personnification féminine des ondes. Il cherchait précisément une épouse et voilà qu'elle s'imposait à lui comme la reine de son cœur. Séduit, il s'approcha et lui fit des avances. 

    Malheureusement pour lui, son inclinaison était loin d'être partagée par la farouche jeune femme : farouche et encore innocente, Amphitrite prit peur, prit la fuite et se réfugia auprès du Titan Atlas, dans les profondeurs de l'Océan, au-delà des colonnes d'Hercule.

    Dépité par cette réaction, le dieu chargea un dauphin, Delphinos, de poursuivre sa bien-aimée et de la convaincre de l'épouser. L'animal diligent eut vite fait de retrouver la trace de la fugitive, mais dut faire preuve de beaucoup de finesse pour plaider la cause de Poséidon. Delphinos, créature d'une grande intelligence, réussit la gageure d'amadouer la jeune fille, qui accepta d'épouser le dieu. Escortée par le dauphin, elle revint à Naxos où furent célébrées ses noces avec Poséidon. Ce dernier, reconnaissant à l'égard de son messager, plaça ce dernier au rang des astres, sous la forme de la constellation du Dauphin.

Rome, mille ans de puissance et de gloire, p.101, Sélection du Reader'd Digest, Espagne, 2001

    Quant à Amphitrite, elle faisait figure d'épouse modèle, régnant aux côtés de Poséidon. Ce fut ainsi qu'elle prit place sur le char divin, tiré par ses compagnons les Tritons qui annonçaient le passage de ce curieux cortège au son d'une énorme conque. L'épouse de Poséidon était représentée tenant à la main le trident, symbole de souveraineté du dieu marin. Elle lui donna trois enfants, un fils, Triton, et deux filles, Rhodé, qui donna son nom à l'île de Rhodes, et Benthésicymé, qui s'établit en Éthiopie.

Atlas de la mythologie, "Poséidon et Amphitrite", Éditions Atlas, UE, 2003

 

    À l'instar de ses pairs, Poséidon ne manquait jamais une occasion de séduire les belles jeunes filles qui croisaient son chemin. Contrairement à Héra qui déchaînait sa fureur jalouse à l'encontre de son mari volage, Zeus, Amphitrite faisait preuve d'un stoïcisme à tout épreuve, ou presque...

    En effet, l'aventure que son époux entretenait avec la jeune Scylla n'était pas du tout à son goût. La patience de la nymphe marine aurait-elle des limites ?  Quoi qu'in en soit, Scylla dut essuyer les foudres de la colère d'Amphitrite, qui se vengea en transformant sa jolie rivale en monstre aboyeur à six têtes et à douze pattes. 

    Pour opérer la terrible métamorphose, l'épouse outragée attendit le moment où Scylla se baignait dans la mer pour y verser des herbes magiques, dont l'effet fut immédiat. Une autre tradition précise que la jalousie d'Amphitrite l'aurait poussée à faire appel à Circé pour obtenir vengeance en transformant sa rivale en monstre marin.

    Contrairement à Héra, Amphitrite ne s'acharnait jamais sur les enfants adultérins de son époux. Elle aida même Thésée, le fils de Poséidon et d'Æthra, mis à l'épreuve par le roi Minos. Elle laissa également sa fille Benthésicymé se charger de l'éducation d'Eumolpe, fils de Poséidon et de Chioné.

 

 

 

 

 

sources : texte : Myriam Philibert, Dictionnaire illustré des mythologies, p.12, Éditions de Lodi, France, 1997.
    Le petit Robert des noms propres, p.72, France, 1997
    Atlas de la mythologie, "Amphitrite", Éditions Atlas, UE, 2005
    Atlas de la mythologie, "Poséidon et Amphitrite", Éditions Atlas, UE, 2003
  images : Rome, mille ans de puissance et de gloire, Sélection du Reader'd Digest, Espagne, 2001
    Atlas de la mythologie, " Amphitrite", Éditions Atlas, UE, 2005
    Atlas de la mythologie, "Poséidon et Amphitrite", Éditions Atlas, UE, 2003