Athéna
Mythologie, "la sagesse d'Athéna", Éditions Atlas |
Fille de : Zeus et Mêtis
Attributs : armure, lance
Animal : chouette
Arbre : Olivier
Déesse de la Sagesse, de l'Intelligence, des Arts, de l'Artisanat et de la Guerre
Dans les récits les plus anciens de la légende (que l'on retrouve dans la Théogonie d'Hésiode) Mêtis, la déesse de la Prudence et de la Sagesse, fût engrossée par Zeus. Craignant que l'enfant puisse devenir plus sage et plus puissant que lui-même, Zeus, encouragé par Gaia et Ouranos, avala Mêtis, espérant ainsi se débarrasser ainsi de l'enfant à venir et, en même temps, acquérir l'infinie sagesse de sa maîtresse. Quelque mois plus tard, il éprouva une terrible migraine. La douleur était telle qu'il demanda à Héphaïstos de lui fendre le crâne en deux. Athéna bondit de l'horrible blessure, adulte et toute armée.
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Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.174, Édition Gründ, Paris, 2002 |
A l'instar de tous les autres Olympiens, Athéna possède un certain nombre de noms. Certains ne sont que des variables locales, d'autres font référence à ses fonctions ou à son caractère, d'autres encore décrivent certains aspects de son culte.
Athéna est le plus souvent appelée "Pallas Athéna". Ce nom provient d'un épisode de la guerre contre les Titans (=> voir), lorsqu'elle affronta et tua Pallas. Elle est également appelée "Parthénos", du mot grec désignant la vierge ; "Glaukôpis" à cause de ses yeux clairs et bleus ; "Hippia", ou "femme-cheval", car elle enseigna aux mortels comment domestiquer le cheval ; "Coryphagène" ("née de la tête") ; "Athéna Saïs", car elle fut particulièrement vénérée dans cette cité égyptienne ; "Promachos" ("combattant au premier rang") ; Niké ("victoire") ; "Ergané" ("laborieuse") ; "Hygieia" ("santé") et enfin "Athéna Polias" ("protectrice de la cité")
Dans de nombreux mythes, Athéna constitue un contrepoint à Aphrodite : raison contre passion, sagesse contre beauté, et ainsi de suite. En temps que patronne d'Athènes, première cité de Grèce, Athéna finit par représenter ce que la culture grecque chérissait le plus. Dans la plupart des légendes la concernant, elle représente le pouvoir de la raison et de la maîtrise de soi, de la connaissance et de la sagesse. Elle est chaste et demeure inébranlable face à l'insensé de la passion amoureuse. Elle n'en eut pas moins un enfant.
Héphaïstos souhaitait l'épouser et, face à son refus, il tenta de la violer. Elle lui résista avec succès mais dut essuyer son corps avec une morceau de laine pour se débarrasser de la semence illégitime, morceau qu'elle fit tomber à terre. De cette fécondation insolite naquit Érichthonios, un monstre étrange avec une queue de serpent à la place des jambes. Malgré les circonstances singulières de sa conception et le fait que sa mère ne l'ait jamais porté dans ses flancs, celle-ci le reconnut comme son enfant. Elle l'éleva dans un coffre. Elle frappa de folie les filles de Cécrops, à qui elle avait confié le précieux butin, lorsqu'elle eurent l'impudence d'ouvrir la boite. Athéna fit finalement Érichthonios roi d'Athènes. Après sa mort, elle le métamorphosa en une constellation, l'Aurige, ou le Cocher.
Hormis cette expérience malheureuse, nous ne connaissons aucune autre aventure amoureuse d'Athéna. Elle fut en revanche connue comme protectrice de nombreux héros : Jason qui conduisit les Argonautes vers la Toison d'or; Oreste qui tua Clytemnestre, sa mère adultère; Thésée, qui tua le Minotaure et devint roi d'Athènes; elle arma Héraclès, sur le point d'entreprendre ses 12 travaux et lui prêta assistance lorsqu'il s'attaqua aux oiseaux du lac Stymphale ; Elle guida Télémaque partit retrouver son père Ulysse ; Elle donna le frein d'or à Bellérophon pour qu'il puisse capturer Pégase ;
Un de ses favoris était Persée, un des nombreux fils de Zeus, et, en tant que tel, poursuivit par la jalousie maladive d'Héra, l'épouse légitime du roi des dieux. Athéna le protégea et le conseilla sans faillir tout au long de sa vie. Pour l'aider à tuer la Gorgone Méduse, elle lui prêta son bouclier magique. Persée le polit comme un miroir pour approcher la Gorgone qui changeait en pierre quiconque croisait son regard. Après un retour triomphant, Persée rendit le bouclier à Athéna et lui offrit la tête de Méduse qu'elle fixa, selon les oeuvres la représentant, sur son casque, sur sa cuirasse ou au centre de son bouclier.
Athéna intervenait pratiquement tous les aspects, privés ou publics, de la vie des membres de la société. En tant que déesse des Arts et des Métiers, elle présidait aux connaissances militaires. Elle se jetait avec ardeur dans les combats singuliers : confrontée au géant Pallas, elle l'écorche et fait de sa peau une cuirasse, l'égide. Contre Encelade, un autre géant, elle ne désarme pas, le poursuivant jusqu'en Sicile où elle l'écrase en jetant sur lui l'île entière. Malgré tout, au contraire de Poséidon et d'Arès, elle ne fut jamais une "buveuse de sang".
Elle s'intéressait au filage et au tissage. On la représentait parfois assise, toute armée, mais tenant dans sa main droite une lance. Les Athéniens la considéraient comme la patronne de l'éducation de leurs enfants et de l'édification de leurs maisons et des temples. Elle avait un lien particulier avec les marins puisqu'elle était l'inventeur du premier bateau et qu'elle avait enseigné la navigation aux hommes. Mais par-dessus tout, elle était seule à pouvoir apaiser la colère de Zeus ; elle était même capable de la faire changer d'avis.
Cependant, comme les autres Olympiens, Athéna pouvait être jalouse ou rancunière. Par exemple, elle soutint les Grecs contre les Troyens, car Pâris, un prince de Troie l'avait jugée moins belle qu'Aphrodite, alors qu'elle lui avait offert la gloire immortelle pour influencer son choix. Elle n'hésita pas à s'engager directement dans la bataille. Ainsi, elle prit le char de Diomède et transperça Arès d'une coup de lance.
De même, elle fut très sévère envers Arachné, une jeune femme très douée pour le tissage. Celle-ci lui avait lancé un défi qu'Athéna releva. Non seulement elle gagna le concours mais en plus elle changea son adversaire en araignée pour avoir osé la défier.
Fière de sa chasteté, elle sait défendre sa vertu : Tirésias, qui la surprend nue, un jour qu'elle se baignait en compagnie de la nymphe Charyclo, paie cet outrage de sa vie.
Déesse de l'intelligence, elle préside à la littérature et aux arts, protège les sciences et l'industrie (spécialement les travaux féminins) et veille sur la prospérité des cités. Elle est aussi la déesse de la sagesse, qu'elle a hérité de sa mère, Mêtis. Elle devient la conseillère des dieux.
Le culte d'Athéna, surtout à Athènes, se lisait dans la pierre des monuments et dans les cérémonies rituelles. Son temple, le Parthénon, dominait la cité du haut de l'Acropole. Un des rites de son culte consistait à faire défiler de jeunes gens armés, imitant la danse de victoire qu'Athéna était censée avoir effectué devant les Olympiens pour saluer la défaite des Géants.
sources : texte : Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.174, 175, 176,177, Édition Gründ, Paris, 2002
Dictionnaire illustré des mythologies, P. 24, Éditions de Lodi, France, 1997.
Le petit Robert des noms propres, p. 137, France, 1997
Atlas de la mythologie, "Athéna, guerre et sagesse",Éditions Atlas, UE, 2003
Atlas de la mythologie, "la sagesse d'Athéna", Éditions Atlas
images : Atlas de la mythologie, "la sagesse d'Athéna", Éditions Atlas
Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, Édition Gründ, Paris, 2002