Sisyphe

  

http://www.fr.ch/sysif/site_contenu/introduction/sysif_sisyphe.html [visité le 13/08/2004]

 

    Fils d'Éole et d'Énarétè, Sisyphe était le fondateur de la ville de Corinthe, auparavant connue sous le nom d'Éphyra, et le créateur des Jeux Isthmiques. Il  passait pour un grand roi civilisateur. Époux de la Pléiade Méropé à laquelle il donna quatre enfants, dont Glaucos, il serait également, selon certain auteurs, le véritable père d'Ulysse, le navigateur grec qui aurait hérité de lui sa ruse légendaire.

    Ce n'était pas chose facile que de duper Sisyphe, réputé pour son habileté et sa fourberie. Le brigand Autolycos en fera l'expérience à ses frais : celui-ci commit en effet l'erreur de dérober, à plusieurs reprises, des chevaux appartenant à Sisyphe. Constatant que son troupeau diminuait à mesure que celui du brigand s'étoffait, le roi de Corinthe porta immanquablement ses soupçons sur Autolycos. Pourtant, ne disposant d'aucune preuve permettant de le confondre, Sisyphe opta pour la ruse.

    Ainsi, il entreprit de marquer ses animaux d'un signe distinctif. Des chevaux ayant à nouveau disparu, Sisyphe se rendit sur-le-champ chez Autolycos et découvrit ses montures dans l'écuries du brigand. Le voleur pris sur le fait, Sisyphe aurait pu être satisfait et s'en remettre à la justice. Mais il décida de le châtier lui-même en s'en prenant à ses proches, et plus particulièrement à sa fille, Anticlée.

    La veille des noces, alors que la jeune fille s'apprêtait à épouser Laërte, Sisyphe s'introduisit chez Autolycos et séduisit la promise. Le jour venu, Anticlée épousa comme convenu Laërte, mais elle portait déjà en elle l'enfant de Sisyphe. De cette union secrète naquit Ulysse, dont le tempérament rusé et calculateur s'apparentait étrangement à celui de son véritable père.

    Une fois Corinthe édifiée, Sisyphe entreprit de faire bâtir une citadelle surmontée d'une tour de guet sur le sommet de la colline de l'Acrocorinthe. Un jour, il vit un aigle immense, enlevant la Nymphe Égine, qui conduisit la captive jusqu'à l'île d'Œnone. Il devina la griffe de Zeus.

    Accablé, le père de la jeune Nymphe, le dieu-fleuve Asopos, partit à la recherche de sa fille. Ignorant l'identité du kidnappeur, il questionna Sisyphe qui décida de tirer profit de la situation. Le roi de Corinthe affirma connaître l'identité du coupable ainsi que le lieu où Égine avait été conduite. Il demanda au dieu-fleuve, en contrepartie de ses précieux renseignement, de faire jaillir une source sur l'Acrocorinthe. Le dieu s'exécuta sur-le-champ, offrant à Sisyphe la source Pirène.

    Le roi de Corinthe, tenant sa promesse, accusa alors Zeus. Malheur à lui ! Le roi des dieux, fou de rage, ordonna aussitôt à Thanatos de s'emparer du délateur et de le conduire aux Enfers. Thanatos s'exécuta, mais le plan de Zeus fut une nouvelle fois contrarié. Sisyphe parvint, par une nouvelle ruse, à enfermer l'envoyé divin dans une tour de la citadelle, l'y enchaîna et l'y séquestra.

    L'affaire se compliqua : la Mort étant mise hors d'état de nuire par Sisyphe, plus aucun être humain ne mourut et les Enfers d'Hadès commencèrent à se dépeupler. Conscients de la gravité de la situation, les dieux se réunirent sur l'Olympe et envoyèrent Arès délivrer Thanatos.

    Sisyphe ne put alors échapper au sort que lui réservaient les dieux. Il dut suivre Thanatos jusqu'aux Enfers, où Hadès l'attendait de pied ferme. Mais, Sisyphe était expert en retournement de situations. Ce que les dieux ignoraient, c'est que le roi de Corinthe, voyant son sort scellé, avait prévenu son épouse de sa mort prochaine et lui avait interdit de l'enterrer, de pratiquer les rites funéraires et lui avait interdit de lui faire des offrandes.

    Descendu aux Enfers, il se plaignit auprès d'Hadès de l'ingratitude de son épouse, prétendant que celle-ci n'avait même pas daigné l'enterrer, et n'honorait son âme d'aucun rite, d'aucune offrande. Scandalisé, Hadès autorisa Sisyphe à revenir sur terre, le temps d'administrer à la traîtresse la punition qu'il se devait. Une fois de plus, Sisyphe réussit à échapper à la mort. Il ne songea pas un instant à redescendre aux Enfers et ignora effrontément les menaces proférées à son encontre par les dieux infernaux. Car c'était à une vie tranquille aux côtés de son épouse qu'il aspirait.

    Pourtant, comme tout mortel, Sisyphe arriva bientôt à la fin de ses jours. Les dieux purent enfin se venger de l'arrogant qui divulgua les frasques amoureuses de Zeus et se moqua d'Hadès. Ils le précipitèrent dans le Tartare où il fut condamné, pour l'éternité, à pousser un rocher jusqu'au sommet d'une montagne, et à recommencer continuellement cette tâche car la pierre, à peine le sommet atteint, lui échappait inlassablement et dévalait la pente.

Atlas de la mythologie, "Sisyphe le rusé", Éditions Atlas, UE, 2003

 

 

 

 

 

sources : texte : Myriam Philibert, Dictionnaire illustré des mythologies, p.278, Éditions de Lodi, France, 1997.

                         Le petit Robert des noms propres, p.1937, France, 1997

                         Atlas de la mythologie, "Sisyphe le rusé", Éditions Atlas, UE, 2003

              images : Atlas de la mythologie, "Sisyphe le rusé", Éditions Atlas, UE, 2003

                           http://www.fr.ch/sysif/site_contenu/introduction/sysif_sisyphe.html [visité le 13/08/2004]